Les Canadiens se vantent souvent de leur capacité à affronter le froid, mais nombre d’entre eux finissent tout de même par passer leurs hivers au soleil. Vivre aux États-Unis une partie de l’année est un choix emballant, mais il y a d’importantes mesures à prendre avant le départ.

C’est connu, les Canadiens se targuent de leur résistance aux durs hivers canadiens, mais lorsque le thermomètre descend sous zéro et que la neige tombe, ils sont nombreux à envisager sérieusement d’élire domicile dans le sud pendant cette partie de l’année.

C’est particulièrement le cas des nouveaux retraités, qui veulent troquer leur pelle contre une plage sablonneuse durant les mois d’hiver.

Or, pour vivre une partie de l’année aux États-Unis, il ne suffit pas de remplir une valise et de monter dans un avion. Outre décider quoi emporter, on doit notamment se renseigner sur la durée maximum du séjour avant de devenir assujetti à l’impôt américain et de perdre sa protection d’assurance maladie provinciale.

Voici les cinq principales mesures à prendre avant de fuir l’hiver :

1. Monter un dossier transfrontière

Il existe des trousses d’urgence en cas de panne automobile ou de tremblement de terre. Songez à en préparer une pour votre séjour aux États-Unis. Selon Dale Walters, président de KeatsConnelly (spécialiste de la planification transfrontière), vous devriez notamment y inclure votre passeport, des factures récentes de votre service téléphonique ou de vos services publics, votre déclaration de revenus canadienne, votre permis de conduire et votre carte d’assurance maladie.

« Les douaniers américains tenteront de déterminer vos intentions », explique M. Walters. Il se peut qu’on vous demande une preuve de votre résidence au Canada et de votre intention d’y retourner.

2. Souscrire une assurance maladie pour voyageurs

Qui ne connaît pas quelqu’un qui, par suite d’une urgence médicale pendant son séjour aux États-Unis, s’est retrouvé avec une facture de soins de santé de plusieurs milliers de dollars ? C’est pourquoi M. Walters recommande aux Canadiens de vérifier leur couverture d’assurance maladie à l’extérieur du pays, puisqu’on ne peut malheureusement pas prévoir les maladies et les accidents.

« Une erreur fréquente consiste à attendre d’être à destination avant de souscrire une assurance. Or, un incident peut survenir entre l’arrivée aux États-Unis et l’obtention d’une protection d’assurance. »

Une autre erreur est de ne pas prendre d’assurance du tout. Trop souvent, les gens pensent qu’en cas de maladie ou de blessure, ils retourneront simplement au Canada pour obtenir des soins.

« Ça peut aller dans le cas d’un problème mineur ou non urgent, mais un grand nombre d’incidents exigeant une attention immédiate peuvent survenir. »

Certains émetteurs de carte de crédit munissent leurs cartes de protections d’assurance maladie et voyage, mais les voyageurs devraient en vérifier les couvertures, conseille Douglas Gray, auteur du guide Les snowbirds : Le guide des Canadiens qui passent leur hiver en Floride.

M. Gray recommande de se renseigner notamment sur la couverture des frais d’hôpitaux et des frais médicaux connexes, l’évacuation médicale au Canada et l’accompagnement d’un médecin ou d’une infirmière, au besoin. Il est également important de savoir si les troubles médicaux préexistants sont exclus.

« Si vous avez de tels troubles, informez-en votre compagnie d’assurances et obtenez une entente écrite confirmant que vous êtes couvert pour ces troubles, suggère M. Gray. Autrement, votre police pourrait être déclarée nulle et sans effet en vertu d’une clause d’exclusion de troubles préexistants. »

3. Compter le nombre de jours passés à l’étranger

La durée de votre séjour aux États-Unis a une incidence sur vos impôts, votre statut d’immigration et votre protection au titre du système de santé canadien.

« La question du temps que vous pouvez passer aux États-Unis est compliquée, car les règles en matière d’immigration et de fiscalité diffèrent », ajoute M. Walters.

Si vous passez plus de 182 jours aux États-Unis dans une année civile, il se peut que vous soyez considéré comme un contribuable américain. Vous devrez alors produire une déclaration de revenus aux États-Unis et y inclure votre revenu mondial. Les escapades magasinage d’un jour de l’autre côté de la frontière que font de nombreux Canadiens pour profiter de divers rabais comptent parmi ces 182 jours.

II existe un autre test lié à la règle des 182 jours qui prête davantage à confusion. Le calcul est le suivant : chaque jour de l’année fiscale en cours passé aux États-Unis compte pour un jour, trois jours de l’année précédente comptent pour un jour, et six jours il y a deux ans comptent pour un jour.

« Si vous passez le premier test, mais que vous échouez au second, vous pouvez remplir la formule 8840 de l’Internal Revenue Service (IRS), Closer Connection Exception Statement for Aliens, pour éviter d’être considéré comme un contribuable américain. Si vous échouez au second test et que vous ne remplissez pas une formule 8840, vous serez alors considéré comme un contribuable américain et assujetti à l’impôt des États-Unis sur votre revenu mondial », souligne M. Walters.

Aux fins de l’immigration, la règle des six mois s’applique aux 12 mois qui précèdent votre entrée aux États-Unis, et non à l’année civile.

« Pour compliquer encore plus les choses, la règle applicable à l’immigration n’est pas stricte. Les agents des services d’immigration et de douane seront d’abord sensibles à vos intentions », précise M. Walters.

Par ailleurs, si vous passez trop de temps à l’extérieur de votre province, vous pouvez perdre votre couverture d’assurance maladie provinciale.

« Bien que cette situation ne pose généralement pas problem, si vous respectez les règles américaines des 182 jours maximum aux États-Unis, cela pourrait en devenir un si vous passez du temps à l’extérieur de la province immédiatement avant ou après votre séjour aux États-Unis », conclut M. Walters.

En résumé, comptez le nombre de jours que vous passez à l’étranger et informez-vous sur les conséquences d’une absence trop longue.

4. Avoir son dossier médical à portée de main

La plupart des gens savent pourquoi ils prennent certains médicaments, mais il se peut qu’ils ne se souviennent pas du nom du médicament ou de la dose exacte à prendre sans consulter leur pharmacien ou leur médecin. Cela pourrait causer de graves problèmes si vous êtes aux États-Unis et avez besoin de soins médicaux.

M. Walters recommande de prendre en note les renseignements sur vos médicaments et d’apporter cette feuille avec vous.

Il recommande aussi de nommer un mandataire pour soins de santé. Cette personne pourra prendre des décisions en votre nom si vous deveniez incapable d’exprimer vos souhaits en matière de soins de santé. Il s’agit d’une personne différente de celle que vous avez désignée pour administrer vos finances.

« Assurez-vous que vos vaccins contre le tétanos et la grippe sont à jour », suggère M. Gray. Il recommande aussi aux voyageurs ayant des troubles de santé préexistants de porter un bracelet d’alerte, qui lie leurs renseignements médicaux d’importance vitale à une base de données.

5. Régler quelques détails financiers

Il n’y a rien de plus exaspérant que de se voir refuser une opération sur carte de crédit parce que l’émetteur considère l’emplacement de l’achat comme douteux.

« Il vaut mieux aviser votre banque de votre voyage que d’essuyer un refus lorsque vous tentez d’utiliser votre carte de crédit pour régler un achat », souligne M. Walters.

Les retraités-voyageurs peuvent aussi ouvrir un compte bancaire et un compte de carte de crédit en dollars U.S. Ils pourront ainsi avoir accès à de l’argent, transférer des fonds, régler des achats sans frais sur opérations à l’étranger et payer des factures en dollars américains.

Planifiez dès aujourd’hui pour profiter du soleil demain

Selon M. Gray, avec une bonne préparation, la vie de retraité-voyageur peut s’avérer une expérience très enrichissante, active, stimulante et agréable pour quiconque souhaite passer une partie de l’année aux États-Unis.

« Ce mode de vie peut considérablement améliorer votre qualité de vie », dit M. Gray. Les gens vivant dans un climat chaud ont tendance à être plus actifs.

L’important, bien sûr, est de connaître les règles et d’être bien préparé ! Ces mesures contribueront grandement à vous faire apprécier encore davantage vos hivers loin du froid canadien.